MAUDITE SOIT LA GUERRE

Discours de Alayn Dropsy pour la Fédération Anarchiste

jeudi 18 novembre 2010 par cilal

Texte lu simultanément à Rennes, Poitiers et Gentioux, et peut-être ailleurs...

Si nous appelons à ce rassemblement un 11 novembre, c’est tout d’abord pour rendre hommage aux victimes de la boucherie de 14-18, mais également à celles de toutes les guerres, actuelles et passées, sacrifiées sur l’autel du capitalisme au nom du nationalisme, ainsi qu’à tous les insoumis, déserteurs et pacifistes d’aujourd’hui et d’hier.
Mais aussi pour dénoncer l’armée en tant qu’institution, ainsi que l’avancée du militarisme dans les structures économiques, dans l’éducation et dans le contrôle de la société dans son ensemble.

L’armée, c’est l’insécurité ! Cette institution demeure un danger permanent qui pèse sur chacun de nous, en tant qu’individus, mais aussi sur toute la collectivité et en particulier sur le mouvement social, parce qu’elle est le dernier rempart, l’ultime recours armé de l’État et du patronat. Le MEDEF marseillais évoquait d’ailleurs le fait de faire intervenir les militaires dans le port de Marseille récemment. Le plan Vigipirate participe au contrôle des populations sous prétexte de lutte contre le terrorisme. On croise ainsi quotidiennement des bidasses armés jusqu’aux dents dans le métro parisien, les transports urbains, les gares ou certains quartiers…

Quant à l’histoire sociale, elle n’est qu’une suite d’exemples sanglants de la nocivité intrinsèque de l’armée : de la Commune de Paris à celle de Kronstadt, des conseils ouvriers d’Allemagne ou d’Italie aux révolutionnaires espagnols, du Chili à la place Tian An Men, la liste est interminable de toutes les forfaitures et abominations de la gente militaire.

Rappelons qu’une instruction datée du 3 mai 2010, rédigée avec le concours des ministères de l’Intérieur et de la Défense par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), évoque le fait de pouvoir mobiliser 10 000 hommes en cas de « crise majeure ». Ces hommes pourraient être également utilisés dans les quartiers dit « sensibles », où la rénovation urbaine en cours vise à faciliter les interventions policières, mais aussi éventuellement militaires.

Des affiches et des spots particulièrement cyniques (« Devenez vous même ») sont apparus ces derniers mois dans les rues et sur les écrans. L’armée française a lancé une grande campagne publicitaire afin de recruter des jeunes, qui parfois se laissent tenter. C’est aussi que les temps s’y prêtent : la crise aidant, rarement la pression pesant sur les épaules de la jeunesse ne s’est aussi bien fait sentir. Sans certitudes aucunes concernant la place éventuelle que voudront (peut-être) leur allouer les générations précédentes, elle est une proie de choix pour les sergents recruteurs. Lesquels ne s’y sont pas trompés : sur les 15 000 postes prévus, 12 000 seront réservés à des jeunes sans qualification, promis à l’ambitieux statut de militaire du rang .

Rappelons à cette jeunesse tant convoitée par les vautours en kaki que l’armée, école du crime, est aussi l’école de la soumission. L’armée est une institution hiérarchisée au sein de laquelle chaque individu est « modelé » à force de pression psychologique et d’astreinte physique. Le but étant de produire un modèle quasi-unique de militaire obéissant aux objectifs quelles qu’en soient les conséquences humaines et politiques.
Dans une société sécuritaire encadrée par le management, le militarisme devient le modèle social.

La chose militaire pollue, et pas que les esprits, il suffit de songer aux essais
nucléaires, et à toutes les saletés qui ont été fabriquées : armes chimiques,
bactériologiques, etc. Et on ne finit pas d’en payer les conséquences, il suffit de
demander, à tout-e-s les irradié-e-s ou a tous les mutilé-e-s pour cause de mines
antipersonnel par exemple !

Le Sipri (Institut national de recherche pour la paix, de Stockholm), dans son rapport annuel, publié le 2 juin dernier, nous informe qu’en 2009 le monde a consacré 1 531 milliards de dollars au secteur militaire. Soit 49 % de plus qu’en 2000. Et que la France est en bonne place dans cette course à la « rigueur » avec 63,9 milliards de dollars consacrés à l’armement.

Le capitalisme, c’est la guerre permanente de tous contre tous !

Une fois de plus, derrière la guerre, derrière toutes les guerres se cachent toujours les intérêts économiques, les prétentions impérialistes et les appétits militaristes. La présence française en Afghanistan aux côtés des troupes américaines et anglaises est là pour nous le rappeler, les multiples bases de l’armée française en Afrique et ses interventions régulières sur ce continent (Tchad, Rwanda, Côte d’Ivoire...) aussi.
De plus l’accord franco-anglais signé le 2 novembre dernier laisse présager du pire : la création d’une force militaire conjointe de plusieurs milliers d’hommes, mobilisables pour des opérations extérieures bilatérales ou sous drapeaux de l’OTAN, de l’ONU ou de l’Union européenne, ainsi que la création d’un laboratoire d’essais nucléaires commun. La conquête par la force armée du pouvoir et des richesses s’inscrit dans la logique et dans la continuation de la domination et de l’exploitation capitaliste sur le monde. Il n’existe pas de guerre juste ni de guerre humanitaire, pas plus que les « frappes chirurgicales » n’épargneront les civils. C’est un avenir de mort et de misère qui s’offre à tous les peuples opprimés.

Les anarchistes ne cesseront jamais de dénoncer et de lutter contre les marchands de canons, les armées, les nationalistes, les États et les systèmes économiques générateurs
d’oppression et de logique guerrière !

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Affiche Fédération Anarchiste

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