MAUDITE SOIT LA GUERRE

Discours du Maire-adjoint de Méricourt (Pas De Calais)

lundi 18 novembre 2013 par cilal

Remarque : Dans le discours officiel du ministre , point d’allusion à une quelconque réhabilitation pour les fusillés pour l’exemple .

Par contre , vous apprécierez le discours du maire-adoint de Méricourt que nous donnons ici :

J’ai l’honneur et le privilège de représenter la ville de Méricourt, commune de plus de 12000 habitants située dans le 62 et dont le maire Bernard Baude vous salue à travers moi.
Pourquoi sommes nous là ? et pourquoi prenons nous la parole en tant qu’élus méricourtois ?
Il y a deux ans , deux familles méricourtoises sont venues en vacances familiales à Gentioux et ont participé à la résidence internationale d’artistes qui se déroule chaque été de puis cinq ans. C’est le début d’un projet qui s’intitule « maudite soit la guerre » et dont on vit ici aujourd’hui une étape importante.

« L’art est le plus court chemin de l’homme à l’homme » disait Malraux ; les familles méricourtoises l’ont emprunté à partir de ce monument, de cet orphelin levant le poing et criant « maudite soit la guerre ». Ils ont, avec l’aide d’artistes présents, réalisé une sculpture qui a initié notre projet de dénonciation de la guerre. Un projet qui est également porté par les enfants de l’école de Gentioux et des populations de notre territoire.

Autre raison de notre présence :
Méricourt, tout comme Gentioux est une terre de résistance et de pacifisme. Il existe entre nos deux communes des parallèles troublants. C’est à Méricourt qu’à eut lieu au début du siècle dernier la catastrophe dite « de Courrières » 1100 mineurs en sont victimes dont une grande partie sont des jeunes, des enfants, le plus jeune est un galibot de 13 ans. Ils sont victimes de l’exploitation capitaliste. Cette catastrophe aurait pu être évitée si on avait écouté les syndicalistes. Cette catastrophe a cependant permis le rapprochement avec des mineurs allemands qui sont venus porter secours aux mineurs français. Des amitiés se nouent mais qui seront ensuite balayées lors de la boucherie de 14/18.
Méricourt se situe sur la ligne de front dont parle Barbusse dans son roman « le feu » qui a obtenu le prix Goncourt en 1916.
Sans doute, des creusois des paysans sont morts sur les terres de l’Artois dont parlait l’écrivain. Tous victimes de la même machine infernale qui méprise l’être humain et en fait de la chair à canon. Anatole France dit « on croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels » . L’Artois n’était plus une terre mais un cimetière où des centaines de milliers d’individus ont péri, ouvriers, paysans, un peuple de labeur que l’on a détruit pour engraisser les grands chefs d’industrie qui lors de la seconde guerre mondiale continuent à engranger toujours plus d’argent.

Méricourt se nourrit des souffrances qu’elle a vécues et c’est naturellement que pendant la guerre d’Espagne des Méricourtois s’engagent dans les brigades internationales.
Plus proche de nous, la guerre d’Algérie, nous offre un nouveau parallèle. Léandre Létoquart qui fut ensuite maire de Méricourt, refuse de participer à cette guerre coloniale. Il est condamné avec d’autres au bagne de Tinfouchy. A la Villedieu, René Romanet et ses camarades vont aussi payer leur engagement anticolonialiste.

Notre présence à Gentioux parait donc évidente alors que plane à nouveau le danger de la bête immonde.

Plus que jamais, nous avons besoin et nous avons le devoir de nous rassembler pour continuer à nourrir ces terres de résistance et de pacifisme que sont Méricourt et Gentioux.

Voilà ce qui nous motive aujourd’hui. Nous qui sommes devant ce monument aux morts, parce qu’ensemble c’est un autre avenir, c’est notre avenir qu’il faut inventer.


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