MAUDITE SOIT LA GUERRE

Discours de Stéphane Oros de la Fédération Anarchiste

dimanche 16 novembre 2014 par cilal

Puisque c’est de saison, et que chacun y va de son hommage à ceux de 14, accomplissons nous aussi notre devoir de mémoire.
Pendant très longtemps, l’histoire officielle écrite par une élite intellectuelle issue des classes dominantes a répandu l’idée d’une Europe qui s’ennuyait à la veille de 1914. Les peuples n’auraient alors, rien trouvé de mieux à faire que de sonner le tocsin, accrocher une fleur au bout du fusil et partir se défouler sur les champs de bataille.

Aujourd’hui, les commémorations se succèdent et nous abreuvent jusqu’à la nausée de reconstitution de scènes de combats, de parades militaires avec uniformes et équipement d’époque, donnant l’occasion à quelques grands cons nostalgiques de jouer à la guerre en enfilant le costume du petit soldat. Ce sont là de bien tristes carnavals surtout destinés à divertir les foules tout en les préparant à la prochaine hécatombe, car c’est bien connu « au monument aux morts chacun rêve d’avoir son nom ». Voici une curieuse façon de transmettre l’histoire collective.

Et bien non, en 1914, l’Europe ne s’ennuyait pas ! Car un peu partout, des hommes mais aussi des femmes, prolétaires des villes et des campagnes s’organisaient. Les idées des révolutionnaires se répandaient de journaux en meetings, et venaient réveiller les consciences au cœur même de la campagne limousine. L’anarchosyndicalisme accomplissait son travail de conscientisation et d’émancipation. L’internationalisme ouvrier représentait alors un réel danger pour les gouvernements qui, pour maintenir leur pouvoir se mirent à jouer sur la corde sensible des nationalismes ; un sentiment qui hélas, devint plus fort que la nécessité de défendre les intérêts communs des classes laborieuses. Pour en arriver là, la recette est simple : désigner l’ennemi, rassembler les hommes dans le grand troupeau de l’armée, les faire marcher au pas, leur donner à chacun un fusil et un petit bout de terre à défendre coûte que coûte. Voici comment meurent les utopies, comment la chair à travail devient de la chair à canon.

Pour la défense de ses intérêts, l’Etats n’a jamais hésité à dresser un peuple contre un autre. Hier, c’était les Allemands forcément belliqueux qu’il demandait de combattre. A présent, les immigrés fuyant la famine et les guerres, font figure de nouveaux envahisseurs qu’il faudrait traquer et refouler de l’autre côté de la frontière. Pauvres parmi les pauvres ils deviennent des cibles parfaites pour des politicards avides de pouvoir et dépourvus à la fois d’imagination et d’humanité. Rappelons simplement, que ce même Etat était moins regardant sur les origines et la couleur de la peau lorsqu’il envoyait les recrues issues des colonies africaines, se faire massacrer en première ligne, et plus tard lorsque les usines et les chantiers manquaient de bras.

Mais la menace ne vient pas seulement de l’extérieur, il y a aussi l’ennemi intérieur. Vous savez : le chômeur qui vit des aides sociales, le syndicaliste qui ne veut pas renoncer à ses privilèges, l’anarchiste qui veut tout casser, et le militant écologiste qui veut empêcher le progrès d’avancer.

La grande hécatombe, c’était il y a très longtemps, un siècle peut-être, et en 2014, les jeunes ne meurent plus au beau milieu d’un terrain vague transformé en théâtre des opérations militaires, ou alors seulement dans les pays lointains, dans les cauchemars ou les films. Et pourtant, il y a un peu plus de 15 jours, Rémi Fraisse, un militant écologiste de 21 ans est mort après avoir reçu une grenade offensive tirée par un gendarme. Ce crime nous rappelle qu’en France, l’Etat détient le monopole de la violence, et qu’un manifestant adepte de l’affrontement physique ou pacifiste intégral reste vulnérable face à l’arsenal dont disposent les forces de répression. Bien-sûre le Testet, malgré sa terre mise à nue par la déforestation, n’est pas Verdun, mais l’assassinat de ce jeune étudiant tout comme le sacrifice inutile des millions de soldats morts lors de la Première Guerre Mondiale n’a qu’un seul but, celui de maintenir à tous prix un ordre économique, politique et social. Un ordre où les ploutocrates issus des milieux financiers ou du lobby militaro-industriel dictent leurs volontés aux gouvernements.

Alors, si la guerre est bien une barbarie sans égale, la lutte contre toutes les formes d’oppression demeure plus que jamais une nécessité. Toujours debout, toujours présents, nous disons : « pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes ! »

Refusons d’obéir. Refusons de commander. Et vive l’Anarchie !!!


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Stéphane OROS pour la FA Stéphane OROS
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